De Danny Boyle
Avec James Franco, Amber Tamblyn, Clémence Poesy
En 2003 , Sportif accompli, amoureux de la nature et fan de randonnées, le jeune homme s offre un week-end dans les gorges du Canyonlands National Park ( Utah )
L'histoire
vraie d'Aron Ralston, un grimpeur de haute montagne qui, à la suite
d'un accident survenu dans l'Utah, dut s'amputer lui-même un bras pour
survivre...
127 heures
porte bien son nom. Le film est fondé sur l'accident d'Aron Ralston,
un randonneur américain qui, malgré son expérience, s'est retrouvé
coincé pendant 127 heures dans un canyon près de Moab dans l'Utah en
2003. En 2006, dès la publication du livre "Plus fort qu’un roc"
retraçant son épreuve, Danny Boyle l'a approché pour adapter son histoire au cinéma.
Le projet 127 heures, initialement envisagé en tant que documentaire, a débuté quand Aron Ralston et le producteur John Smithson sont entrés en contact et se sont entendus pour réaliser un film sur l'extraordinaire aventure vécue par Ralston. Danny Boyle,
approché pour mettre en scène le projet, a préféré opter pour un film
dramatique plutôt que pour un documentaire et a dû convaincre les
producteurs, réticents à cette idée. "C’était un énorme défi sur le
plan narratif, mais Danny avait trouvé comment faire en sorte que ce
soit continuellement passionnant, impliquant, pleinement satisfaisant au
plan émotionnel, en créant une expérience vécue à la première personne
par le public," raconte le producteur Christian Colson.
Frappé par le livre d'Aron Ralston "Plus fort qu'un roc", Danny Boyle
a rapidement eu une idée très claire du film qu'il voulait faire. Son
but était de faire vivre l'intensité de l'expérience au spectateur,
utilisant pour cela une caméra subjective, au plus près du personnage.
Mais il souhaitait en même temps faire saisir au public la dimension
intérieure de cette histoire. "Je voulais conduire les gens au fond
du canyon avec Aron et ne plus les lâcher jusqu’à ce que lui-même s’en
sorte. Bien sûr, je voyais dans ce sujet une extraordinaire leçon de
survie en pleine nature dans des circonstances extrêmes, mais je crois
qu’il y a aussi une autre dimension à cette histoire qui surprendra les
gens. (...) Ce qui m’intéressait, c’était aussi cette force vitale dans
laquelle il a puisé (...). Cette force impalpable qui nous réunit
tous. Et quand Aron, qui semble seul et loin de tout dans son trou, est
ramené vers l’idée de vivre parmi les hommes, de réintégrer la
communauté, il se passe quelque chose de très fort," explique le réalisateur.
Avant le tournage, Danny Boyle et les producteurs du film ont effectué un premier voyage sur les lieux de l'histoire, guidés par Aron Ralston.
Ce dernier, tout d'abord réticent quant à l'approche narrative choisie
par le réalisateur, a peu à peu compris sa démarche et a fini par
partager son aventure avec les cinéastes jusque dans les plus petits
détails. "Travailler avec Danny a été une expérience phénoménale. Il
est extrêmement perspicace et d’une grande créativité et il a aussi été
très sensible à ce que cette histoire a de personnel pour moi. (...)
Que ce soit dans les différentes réécritures ou à travers des
rencontres et des entretiens avec les acteurs, il m’a impliqué plus que
je ne l’aurais rêvé," raconte Ralston.
Véritable film-concept, 127 heures s'est avéré être un défi de taille pour Danny Boyle,
dont la "mission" consistait à tenir le spectateur en haleine pendant
une heure et demie, avec un personnage condamné à ne pas pouvoir
bouger. "Nous allions faire un film d’action dans lequel le héros est immobile !," résume le réalisateur, qui a ainsi travaillé minutieusement l'image et l'émotion de son film : "J’avais
le sentiment que si nous étions capables de rendre le film viscéral et
impliquant tant au niveau visuel qu’émotionnel, alors les gens
pourraient se perdre dans l’histoire de la même manière qu’Aron s’est
perdu dans les canyons."
De façon à coller le plus possible à la réalité des faits, les cinéastes ont mis à contribution chaque détail qu'Aron Ralston pouvait leur fournir. Ils ont ainsi eu le privilège de visionner les vidéos-testament faites par Ralston
alors qu'il était pris au piège, grâce à une caméra qui a d'ailleurs
été réutilisée pour reproduire ces mêmes vidéos dans le film. "Nous
voulions respecter fidèlement la réalité de ce qu’a vécu Aron quand il
est resté prisonnier. Nous avons donc repris l’équipement exact qu’il
avait dans son sac à dos, la quantité précise d’eau dont il disposait,
la qualité de la lame de son couteau, le moindre élément de sa
stratégie. Nous sentions que nous ne pouvions pas nous permettre d’être
légers avec ces données," explique le producteur Christian Colson.
Tout en restant totalement fidèle aux faits vécus par Ralston, Danny Boyle a cependant utilisé ses talents de conteur pour mettre en exergue ce qu'il considérait comme le cœur de cette aventure : "Aron
se voyait comme un solitaire, mais ce qui l’a ramené à la vie, ce sont
les gens, la tribu, la communauté. Pour moi, c’est ça qui est devenu
l’assise du film," explique le réalisateur, qui s'est ainsi approprié l'histoire de Ralston
pour la délivrer à sa manière. Impressionné, le principal intéressé a
déclaré que le réalisateur avait trouvé la meilleure façon de faire
vivre son expérience aux spectateurs.
Danny Boyle a confié la lourde responsabilité d'incarner Aron Ralston à l'acteur James Franco. Un choix que le réalisateur ne semble pas regretter : "James
Franco possède cette extraordinaire faculté et une technique
irréprochable, et c’est exactement ce qu’il nous fallait parce que "127
Heures" est presque le film d’un seul acteur. James a su l’emmener plus
loin, il a relevé les défis un par un, physiques comme émotionnels. Il
est magnifique dans ce rôle. Il est allé au bout des choses, et il en a
fait d’une certaine manière quelque chose qui tient autant de James
Franco que d’Aron Ralston." En effet, malgré les conditions épuisantes du tournage et le défi émotionnel que représentait l'idée de jouer sans vis-à-vis, Franco s'est tout de suite senti attiré par le rôle. "L’une
des raisons qui m’ont donné envie de faire le film, c’était qu’il
était constitué d’une somme de petits moments personnels, de ces
moments que nous connaissons tous quand nous sommes complètement seuls.
Je sentais qu’il y avait en moi quelque chose qui le comprenait
viscéralement et que je pourrais boire à cette source-là", raconte l'acteur.
Pour se préparer à son rôle, James Franco a écouté Ralston lui parler de son histoire dans les moindres détails : "(...)
j’ai rejoué certaines choses pour lui, comme les positions que j’ai
prises quand j’étais forcé de rester debout aussi longtemps. - Je lui ai même montré exactement comment je tenais le couteau quand je me suis coupé le bras - ," explique l'aventurier, qui a d'ailleurs fait une longue randonnée avec l'acteur. James Franco n'a cependant pas voulu faire de sa prestation une simple imitation de Ralston. "Il
était hors de question d’imiter physiquement Aron. L’approche de Danny
consistait à atteindre la véracité de cette situation incroyable dans
laquelle Aron s’est retrouvé. Il ne s’agissait donc pas d’essayer de «
recréer » une personne véritable, mais plutôt de ressentir et de faire
ressentir cette expérience profondément humaine", raconte l'acteur.
Après avoir suivi un entrainement intensif à l'escalade, James Franco s'est entièrement livré à l'interprétation de son personnage, au cours d'un tournage pénible et de longue haleine. "J’étais
si à l’étroit dans le décor qui reproduisait le canyon que j’ai fini
le tournage avec des bleus, des éraflures, des cicatrices. Ce tournage a
été physiquement éprouvant. Mais c’était une situation très
intéressante à jouer et Danny est un réalisateur époustouflant. Il
déborde d’énergie et de passion, et il sait comment obtenir ce qu’il
veut," se souvient l'acteur.
L'un des objectifs de Danny Boyle sur le tournage de 127 heures
a été de représenter visuellement la notion d'élan. La vitesse et la
montée d'adrénaline, ressenties par le personnage au début du film,
devaient résonner jusqu'à la fin, même lorsque le mouvement s'était
arrêté. Pour enrichir l'aspect visuel de son film, le réalisateur a donc
décidé d'engager deux directeurs de la photo, chose qui n'avait encore
jamais été faite dans toute l'histoire du cinéma. Anthony Dod Mantle et Enrique Chediak
ont ainsi imposé à l'image deux styles complètement différents, et si
cette nouvelle façon de procéder a posé quelques problèmes au niveau de
la logistique, elle a également permis à Danny Boyle de pouvoir réduire considérablement la durée du tournage.
Sept ans jour pour jour après avoir frôlé la mort au Blue John Canyon, Aron Ralston est retourné sur les lieux pour les besoins du tournage. Il s'est ainsi remémoré son aventure plus intensément que jamais. "J’ai
failli mourir dans ce trou, mais quand j’en suis sorti, cela a été une
renaissance. Une vie était terminée, une nouvelle commençait. (...) Il
y a eu avant ce jour-là au Blue John Canyon, et après. Tout ce qui est
venu après. C’est la plus merveilleuse des bénédictions que je
recevrai jamais," témoigne l'aventurier, dont le premier fils est né pendant le tournage de 127 heures : un évènement qui fait écho à une vision hallucinée du personnage dans le film. -
L'équipe
du film et le matériel ont été transportés en hélicoptère pour
atteindre le Blue John Canyon, dont l'emplacement était
particulièrement isolé. Les cinéastes ont ainsi dormi plusieurs jours
dans un campement en pleine nature.
Danny Boyle
n'a effectué qu'une seule prise (en temps réel et d'une durée de 20
minutes) pour la scène de l'amputation, en s'aidant de prothèses de bras
fabriquées pour les besoins du film. Satisfait, le réalisateur a ainsi
annulé la journée de tournage supplémentaire initialement prévue. Des
effets spéciaux ont par ailleurs été utilisés, et des professionnels en
chirurgie ont contribué à réaliser la séquence. Le résultat,
particulièrement réaliste, aurait entrainé plusieurs malaises parmi les
spectateurs. -
Pour 127 heures, Danny Boyle
est allé tourner dans le vrai canyon où Aron Ralston s'est retrouvé
coincé. Mais pour des contraintes de temps et d'argent, l'équipe du film
est allée scanner le relief de la crevasse pour la reconstruire en
studio. Il a été en outre tout aussi difficile de placer les caméras.
Après l'immense succès en 2009 de Slumdog Millionaire (récompensé par 8 Oscars), Danny Boyle collabore à nouveau avec le producteur Christian Colson, le scénariste Simon Beaufoy et le compositeur A.R. Rahman pour 127 heures.
Ce nouveau projet est cependant aux antipodes de son film précédent.
Sans pour autant laisser de côté l'intensité de son discours, le
réalisateur a ainsi troqué les foules de Mumbaï pour la solitude du
désert de l'Utah.
Cillian Murphy et Sebastian Stan ont tous deux été préssentis pour incarner Aron Ralston, tandis que Katie Featherston a auditionné pour jouer Kristi.
Fidèle à son originalité artistique, Danny Boyle
a pris le contre-pied des représentations calmes et apaisantes de la
nature, pour imposer un rythme presque citadin aux canyons de l'Utah.
Le film de Danny Boyle a parcouru de nombreux festivals du film à travers le monde. Après une escale à ceux de Telluride aux États-Unis, 127 heures a été présenté en septembre 2010 à celui de Toronto au Canada, puis à celui de Londres le mois suivant.
Aron Ralston
aurait fondu en larmes au Festival de Toronto, après qu'un spectateur
lui ait demandé son opinion sur sa représentation à l'écran. Il aurait
finalement répondu qu'il la trouvait stimulante.
Venu présenter Les Petits mouchoirs au Festival International du Film de Toronto de 2010, Guillaume Canet
a découvert que la projection dans la salle qui lui était réservée ne
pouvait afficher le sous-titrage anglais. C'est alors que Danny Boyle (qui avait dirigé Canet dans La Plage), venu présenter son 127 heures, est intervenu en proposant de déplacer la projection de son film vers une salle plus petite. Canet
et ses spectateurs ont marché dans les rues de Toronto jusqu'au cinéma
retenu pour le cinéaste britannique, tandis que ceux venus pour voir 127 heures
ont été priés d'attendre pendant une heure et demie l'installation d'un
projecteur dans une autre salle, plus petite.

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