Adaptation d'un roman
Le film est adapté d'un roman d'Alain Wagner, comme le rappelle le réalisateur : "Terminus
Plage" est un roman passionnant, dont la structure assez complexe
s’articule autour de plusieurs intrigues. Pour "Légitime Défense", j’ai
choisi de m’inspirer de l’une d’elles : l’histoire d’un fils qui, tel
Télémaque, part à la recherche de son père disparu. Il s’agit donc d’une
très libre adaptation. Un fils va peu à peu découvrir la face cachée de
son père et s’interroge sur l’homme qu’il est et l’homme qu’il veut
être."
Titre initial
Lors de sa pré-production, le film avait été titré "Pour solde de tout compte".
Rompre le récit
Pierre Lacan défend son choix d'avoir utilisé la rupture temporelle de son histoire : "(...)
les flashes-forward viennent interrompre la linéarité du récit et
créent une tension immédiate : on veut savoir ce qui va se passer. Cela
permet de tout de suite mettre en place une empathie avec le personnage
de Benoît qui est bousculé par les événements comme le spectateur l’est
par le rythme". Le réalisateur poursuit : "J’ai voulu "Légitime
Défense" comme un film sec, brut, sans complaisance. Pour être au plus
près du ressenti des personnages, de leurs peurs, de leurs tensions, je
l’ai filmé à hauteur d’homme, souvent caméra à l’épaule. C’est dans cet
esprit que, par exemple, la course-poursuite a été intégralement filmée
de l’intérieur des voitures."
Pourquoi Jean-Paul Rouve ?
"Très vite Jean-Paul Rouve s’est imposé, confie le réalisateur. "D’abord
parce que c’est un excellent comédien intelligent, complexe et
sensible. Mais aussi parce qu’on l’a rarement vu dans des rôles
dramatiques, ou en tout cas dans un polar. Benoît est écrasé par une
figure paternelle imposante et va, au fur et à mesure du récit,
s’affranchir et devenir un homme. Pour l’incarner je voulais donc
quelqu’un de complexe, d’introverti".
Un méchant Gourmet
Pour le rôle du "méchant", le choix du réalisateur s'est porté sur l'acteur Olivier Gourmet. Pierre Lacan partage les indications qu'il avait fournies à l'acteur pour son personnage : "Je
lui ai demandé de l’imaginer comme un patron de bar plutôt qu’un
mafieux de cinéma. Je lui ai présenté une ancienne figure du grand
banditisme français, Michel Ardouin dit « Porte-avions », qui a – entre
autres – effectué plusieurs braquages avec Mesrine. Michel Ardouin a par
ailleurs prêté ses traits au personnage de Philippe Bertin, le père de
Benoît".
Influences du réalisateur
Claude Brasseur de retour au polar !
Dernièrement habitué aux comédies comme Camping 1 et 2, Claude Brasseur revient au polar, comme le réalisateur le rappelle : "Qui
mieux que Claude Brasseur pouvait incarner le rôle de René Vautier,
sorte de père de substitution pour Benoît, perdu entre Céline et maître
Yoda. J’ai été très touché qu’il accepte de jouer dans mon film. Pour
moi, c’est une figure emblématique du cinéma français qui m’accompagne
depuis mon enfance. Pour lui, c’était l’occasion de renouer avec un
genre qu’il avait beaucoup fréquenté dans les années quatre-vingt. Sa
complicité avec Jean-Paul était évidente et a beaucoup servi le film".
Titre similaire pour Claude Brasseur
Une moustache à la Dewaere
Pierre Lacan, lecteur de polars...
Le réalisateur parle de ses auteurs favoris en matière de livres policiers : "C’est
un genre qui m’accompagne depuis mon adolescence, avec d’abord des
auteurs très classiques comme Maurice Leblanc ou Gaston Leroux. Puis il y
a eu Manchette, Dantec, Benaquista… Aujourd’hui, cela va de Giorgio
Scerbanenco à David Peace, en passant par Tim Willocks…"
De vieilles connaissances
Le comédien Gilles Cohen (Zamanski dans le film) connaissait le réalisateur Pierre Lacan depuis 1996. Ce dernier avait joué au théâtre dans une pièce dirigée par Gilles Cohen, Les Martyrs du bonheur.
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