A l'instar des Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger (1948) ou du Tournant de la vie d’Herbert Ross (1977), Black Swan de Darren Aronofsky est également centré sur le monde fermé de la danse classique, sujet peu abordé au cinéma. Le réalisateur de The Wrestler et de Requiem for a Dream
y impose sa pâte habituelle, filmant les performances des acteurs de
l'intérieur et plaçant sa caméra au cœur de la scène pour mieux capter
l'intensité de l'action.
Après avoir exploré le monde des toxicomanes (Requiem for a Dream), d'avoir suivi sur le ring un catcheur vieillissant (The Wrestler), Darren Aronofsky
signe un thriller psychologique à la limite du fantastique. Le
scénariste insiste sur la grande diversité de genres qu'embrasse le
film: "Plus nous approchions de la version finale de l’histoire, plus
cela devenait difficile de la placer dans un genre ou dans un autre.
Est-ce un thriller fantasticohorrifique sur une femme qui se transforme
en un cygne démoniaque, ou bien le portrait, fascinant d’une artiste
ambitieuse qui perd la raison sous une pression extrême ? Peut-être les
deux en même temps." Et la productrice exécutive Jennifer Roth d'ajouter : "Black
Swan n’est pas seulement un thriller ou un film sur la danse. Il
englobe tous ces aspects et les sublime pour créer une histoire sombre
et passionnante."
Pour la seconde fois, Darren Aronofsky s'intéresse au corps et à ses souffrances. Tout comme le corps malmené de Mickey Rourke dans The Wrestler, celui de Natalie Portman
semble parfois exulter. Le réalisateur s'exprime en ces termes
lorsqu'il évoque les correspondances possibles entre les deux films: «
Certaines personnes disent que le catch est la plus basse des formes
d’art, et d’autres que le ballet est la plus haute, et pourtant ces deux
disciplines ont beaucoup de points communs. L’histoire du catcheur de Mickey Rourke ressemble beaucoup à celle de la ballerine de Natalie Portman.
Ce sont tous les deux des artistes qui utilisent leur corps pour
s’exprimer, et qui redoutent de se blesser parce que ce corps est leur
seul moyen d’expression. Ce qui m’intéressait était de montrer que ces
deux histoires sont liées, bien qu’elles se déroulent dans des mondes
qui semblent complètement différents. » Le style visuel relie
également les deux films qui, tous deux, plongent les spectateurs dans
la subjectivité des personnages.
Le livre d'Andres Heinz
raconte un drame mettant en scène la dangereuse rivalité qui
s'installe entre une actrice et sa mystérieuse doublure à Broadway. Le
réalisateur, témoin durant son enfance de la formation éprouvante de
danseuse de ballet suivie par sa sœur, transpose l'action dans un ballet
de New York. Ce changement a mené à la création de Nina et Lily, deux
stars montantes de la danse prêtes à tout sacrifier pour arriver à la
perfection. "Je suis parti des premières versions du scénario et y ai
intégré l’intrigue du « Lac des Cygnes » en la plaçant au centre de
l’histoire. Cela a tout changé. C’est devenu le point de départ d’une
histoire moderne sur la dualité et sur la peur de voir quelqu’un ou
quelque chose vous voler votre vie. " rapporte Mark Heyman, scénariste du film.
Le réalisateur a rencontré l'actrice pour parler du projet de Black Swan il y a dix ans dans un café de Times Square. Portman
rêvait alors d'incarner une ballerine. Le rôle de Nina était une
occasion en or pour elle de renouer avec la danse (elle en a fait dans
son enfance) et d'incarner un personnage torturé. Elle délivre sa
perception du personnage: "Nina recherche la perfection, mais la
perfection ne peut exister que durant un bref instant, et comme tous les
artistes elle risque de se détruire elle-même en tentant de
l’atteindre. Quand elle essaye de devenir le Cygne noir, une chose
sinistre et inquiétante se réveille en elle. Elle va alors traverser une
crise d’identité durant laquelle, en plus de ne plus savoir qui elle
est, elle ne mesure plus vraiment la différence entre elle-même et les
autres. Elle commence à se voir un peu partout. " Darren Aronofsky, plus que satisfait de l'impressionnante prestation délivrée par l'actrice, a d'ailleurs salué son travail : "Natalie
a été absolument fantastique. Nina était un rôle très différent de
ceux qu’elle a joués avant. Pour elle, c’était autant un défi physique
qu’une prouesse d’actrice.
Pour jouer Lily, la rivale de Natalie Portman, Darren Aronofsky a choisi Mila Kunis, une actrice ukrainienne qui s’est fait connaître grâce à ses rôles dans Le Livre d'Eli et Sans Sarah rien ne va !,
et qui a apporté l’aplomb et la sensualité enivrante dont le
réalisateur avait besoin pour jouer cette ambitieuse nouvelle recrue. Darren Aronofsky raconte : "
Mila joue Lily comme une personne qui a tout ce dont rêve Nina. Elle
est plus libre, plus vivante que Nina, elle assume sa sexualité. Lily
est libre de s’exprimer, et cela ne fait qu’attiser l’attraction et la
répulsion que Nina ressent envers elle. " "Je n’aurais pas fait
ce film avec un autre réalisateur que Darren, parce que Lily est un
personnage qui aurait pu devenir très hasardeux entre de mauvaises
mains. Il n’existait pas une seule et unique bonne façon de
l’interpréter," confie d'ailleurs la jeune actrice.
Vincent Cassel interprète le chorégraphe "frenchy", Thomas Leroy, de Natalie Portman. Il avoue avoir éprouvé beaucoup de plaisir à danser: "C’était
un rôle que je ne pouvais pas refuser, d’abord parce que j’ai toujours
voulu travailler avec Darren, et ensuite parce qu’il y avait Natalie,
une actrice que j’admire depuis des années. L’idée de faire un thriller
qui se déroule dans le monde de la danse classique me plaisait
beaucoup. Il y avait tous les ingrédients pour faire quelque chose
d’intéressant. Je savais que cela allait être à la fois sombre et sexy.
Ensuite, j’ai appris que Mila Kunis et Winona Ryder
allaient aussi jouer dans le film, et que j’allais me retrouver au
milieu de toutes ces femmes sublimes. Comment aurais-je pu refuser ?" Pour se préparer à ce rôle exigeant, Vincent Cassel
a longuement observé et étudié la vie de grands chorégraphes tels que
George Balanchine et Mikhaïl Baryshnikov, ainsi que le chorégraphe du
film Benjamin Millepied. L'acteur a également dû cerner la psychologie de son personnage : "
Ce n’est pas vraiment un homme à femmes. Je pense que les femmes ne
l’excitent pas autant que la perspective d’atteindre la perfection et la
beauté ultime dans l’art. Ce qu’il veut, c’est voir les danseuses
qu’il a choisies s’épanouir et exprimer l’idée qu’il se fait de l’art
porté à son apogée, et pour y parvenir il utilise des méthodes parfois
très, très dures," explique-t-il.
Barbara Hershey, qui prête ses traits à la mère énigmatique de Nina, définit cette dernière comme "un personnage tourmenté(...)". "Elle
aime sa fille, et pourtant elle l’étouffe. Elle veut qu’elle
réussisse, mais en même temps elle sait que sa santé mentale est
fragile. Elle est terriblement jalouse d’elle, mais elle veut lui
offrir le monde. Elle désire que Nina prenne son envol, mais elle ne
veut pas la voir partir," poursuit l'actrice. Étant dans l'impossibilité d'assister aux répétitions du film, Barbara Hershey s'est préparée à son personnage en écrivant, selon les conseils de Darren Aronofsky, deux lettres à Nina (en se mettant dans la peau de sa mère). Ces lettres ont ensuite été remises à Natalie Portman à des moments stratégiques du tournage.
Winona Ryder
incarne le personnage de Beth, une ancienne danseuse étoile délaissée
par tous après sa carrière. Sa situation tragique est présentée comme
le sort qui attend inéluctablement Nina. "A travers Beth, le film
porte aussi un regard sur la quête de perfection. Ce que doivent
endurer les danseurs pour perfectionner leur art dépasse de loin tout
ce que les gens peuvent imaginer. Beth s’est entraînée très dur depuis
son plus jeune âge, et soudain elle arrive à ce moment où tout ce
qu’elle a construit pendant ces années de sacrifice s’écroule. Et elle
n’arrive pas à l’accepter," explique l'actrice.
Durant les dix mois qui ont précédé le tournage, Natalie Portman
s’est entraînée tous les jours pendant cinq heures sous la tutelle de
plusieurs professeurs et répétitrices professionnelles, dont Mary Helen
Bowers, une ancienne ballerine du New York City Ballet qui, grâce à
une formation extrêmement exigeante, a fait d’elle une véritable
danseuse classique en un temps record. L'actrice raconte : "Je me
suis beaucoup entraînée à la danse, mais j’ai aussi fait de la
natation, de la musculation et du cross training pour ne pas me
blesser, parce que la danse est très traumatisante pour le corps. C’est
vraiment très difficile d’apprendre le ballet à 28 ans. Même si vous
avez pris des cours de danse auparavant, vous n’imaginez pas le degré
de perfection que cela requiert. Chaque geste doit être fait d’une
façon très précise et avec beaucoup de légèreté et de grâce. Je savais
que ce serait un défi, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit
aussi dur sur le plan physique". Mila Kunis en a pensé de même: «
Au début, je pensais que j’allais être superbe et pleine de grâce dans
mon tutu, mais on n’imagine pas à quel point c’est difficile et
éprouvant avant de se mettre à danser. Cette grâce, vous l’obtenez au
prix de vraies souffrances physiques. »
Natalie Portman et Mila Kunis ont eu droit à un entrainement physique particulièrement intense et difficile. "Les
pointes font tellement mal aux pieds que je suis incapable de les
porter plus de vingt minutes. Vous n’avez même pas besoin de faire des
pointes pour avoir mal, il suffit de marcher avec. Votre pied ne peut
pas glisser vers l’avant du chausson parce qu’il y a cette petite coque
rigide à l’extrémité qui peut aussi vous faire trébucher. Quand vous
les portez toute la journée, vos pieds gonflent et deviennent bleus et
noirs," raconte Mila Kunis. Natalie Portman ajoute : "La
douleur était très intense et ne m’a pas quittée pendant la moitié du
tournage. Mais c’est difficile de se plaindre quand on voit ce que les
danseurs professionnels endurent à longueur de temps. Même avec des
blessures très graves, comme une entorse, ils continuent de danser. Ils
sont habitués à danser en dépit de la douleur."
En plus de son entrainement physique draconien, Natalie Portman
a également pu préparer son personnage de l'intérieur puisque
l'actrice avait suivi des cours de psychologie à Harvard alors qu'elle
était étudiante. "Nina est prise dans un cycle d’obsessions et de
compulsions. Le côté positif pour les artistes et les danseurs, c’est
que se concentrer autant sur son art peut faire de vous un virtuose,
mais il y a aussi un côté plus sombre, une dérive malsaine qui peut vous
faire perdre le contact avec la réalité. C’est là que je devais
entraîner Nina," explique-t-elle.
Le tournage de Black Swan a eu lieu au Lincoln Center, où se
tient habituellement le New York City Ballet, ainsi que dans plusieurs
autres lieux stratégiques de New York. Darren Aronofsky a opté pour un style brut et réaliste, filmant les danseurs caméra à l'épaule, au plus près de leurs mouvements. "J’avais
(...) le sentiment que filmer caméra à l’épaule allait nous aider à
entrer dans le monde du ballet, comme cela nous a aidés à monter sur le
ring avec les catcheurs de "The Wrestler". La caméra danse et
tourbillonne avec les danseurs. Elle saisit de près leur énergie, la
sueur, la douleur et leur talent," explique le cinéaste.
Visuellement, Darren Aronofsky a donné une place d'honneur aux miroirs, qui sont des éléments cruciaux au niveau symbolique. Le réalisateur explique : "Dans
le monde du ballet, il y a des miroirs partout. Les danseurs passent
leur temps à s’observer quand ils travaillent ; la relation qu’ils ont
avec leur reflet est donc une part importante de leur identité. Les
cinéastes sont eux aussi fascinés par les miroirs, ils ont souvent joué
avec, mais je voulais aller encore plus loin sur le plan visuel,
explorer le sens profond du miroir et du reflet, montrer ce que cela
signifie vraiment de regarder dans un miroir. Dans le film, les miroirs
jouent un rôle très important dans la compréhension du personnage de
Nina, chez qui la notion de double et de reflet joue un si grand rôle."
Benjamin Millepied, danseur étoile du New York City Ballet, a été choisi par Darren Aronofsky pour créer les chorégraphies du film. "Darren
voulait rester fidèle au « Lac des Cygnes », mais nous savions tous
les deux que nous ne pouvions pas transformer une actrice en première
danseuse en six mois, nous avons donc choisi pour Natalie et Mila des
figures et des pas qu’elles étaient capables de faire. Natalie avait
déjà commencé son entraînement quand on me l’a présentée et elle avait
pris des cours de danse durant son enfance, mais Mila n’avait aucune
formation. Mon rôle a donc été de perfectionner leurs mouvements et
d’utiliser la chorégraphie pour faire ressortir ce qui nous intéressait.
Heureusement, Darren connaît très bien la danse, et cela a rendu mon
travail plus facile," raconte Millepied, qui a également interprété le rôle de David, le premier danseur de la compagnie dans Black Swan.
La chef décoratrice Thérèse DePrez
a dû relever le défi de recréer des décors qui soient fidèles au "Lac
des Cygnes", tout en reflétant l'aspect "thriller psychologique" de Black Swan. Son travail a ainsi consisté à concevoir une version sombre et moderne du ballet de Tchaïkovski. "Je
voulais travailler avec Thérèse depuis longtemps. Avec un budget très
serré, elle a créé une fantastique toile de fond pour le film, un monde
qui n’est pas le monde réel, mais qui semble réel," raconte Darren Aronofsky.
Amy Westcott, également chef costumière sur The Wrestler, s'est employée à refléter la personnalité des personnages de Black Swan
dans la conception de leurs tenues vestimentaires. Elle a ainsi opposé
les couleurs pour raconter la descente aux enfers de Nina : "Il
fallait montrer qu’au tout début, la mère de Nina a beaucoup d’influence
sur sa façon de s’habiller. Elle veut que sa fille reste une enfant ;
Nina porte donc trois couleurs de petite fille : le blanc, le gris et
le rose. Au début, il y a beaucoup de rose, mais à la fin du film elle
ne porte presque plus que du noir. Quand on la voit avec des collants
noirs, au lieu de collants roses, on sait que quelque chose a changé en
elle et qu’elle est passée de l’autre côté du miroir," explique-t-elle. Pour créer les costumes du nouveau ballet du "Lac des Cygnes", Darren Aronofsky
a fait appel aux célèbres soeurs stylistes Kate et Laura Mulleavy, qui
ont notamment créé la maison de couture Rodarte.
S'inspirant bien évidemment de la célèbre musique de Tchaïkovski, le compositeur Clint Mansell a allié la partition originale à des tonalités plus sombres et plus modernes, pour créer celle de Black Swan. Avec la volonté de donner l'impression que le personnage de Nina est hanté par la musique du "Lac des Cygnes", Mansell s'est ainsi attelé à cette lourde tâche. "Ce
fut un immense privilège de travailler avec cette musique absolument
fantastique de Tchaïkovski. J’ai le plus profond respect pour elle, mais
j’avais aussi le sentiment de ne devoir me fixer aucune limite.
J’espère vraiment que les gens ne se diront pas : « Ce morceau-ci est de
Tchaïkovski, et celui-là non. » J’espère avoir réussi un mélange
équilibré des deux qui propose un nouveau regard sur le « Lac des Cygnes
»," raconte le musicien. "Je crois que c’est la plus belle
musique que Clint ait composée de sa carrière. On sent partout la
présence de Tchaïkovski, mais cela semble aussi complètement nouveau.
C’est étrange, hypnotique, magnifique," commente Darren Aronofsky.
Darren Aronofsky assimile son film à un conte de fées. Il présente nottamment le personnage de Natalie Portman,
qui se transforme la nuit en une créature mi-cygne mi-humaine, comme
une représentation du mythe du loup-garou.
Si Natalie Portman a longtemps pratiqué la danse classique dans son enfance, Vincent Cassel a également fait du ballet alors qu'il était à l'école du cirque. Darren Aronofsky, quant à lui, a grandi dans un univers lié à la danse classique, sa sœur étant aussi danseuse de ballet.
Pour Black Swan, Darren Aronofsky a retrouvé plusieurs cinéastes avec lesquels il avait déjà collaboré par le passé, à savoir le directeur de la photographie Matthew Libatique, la chef décoratrice Thérèse DePrez, la chef costumière Amy Westcott, le chef monteur Andrew Weisblum et le superviseur des effets visuels Dan Schrecker. Tous ces artistes avaient ainsi déjà travaillé avec le réalisateur sur des films comme The Wrestler, The Fountain ou Requiem for a Dream.
Le script, titré au départ "La doublure" ("The Understudy"), est un
projet vieux de dix ans, qui trouve enfin sa concrétisation. A
l'origine, Black Swan devait se passer dans le milieu du théâtre new-yorkais, mais Darren Aronofsky a préféré le situer dans le milieu de la danse. De même, le personnage de Nina s'appelait "Alexandria".
L'actrice Blake Lively (Serena dans Gossip Girl) a auditionné pour le rôle de Lilly.
Il s'agit du premier long métrage d'Aronofsky (déjà auteur de cinq films) dans lequel Mark Margolis ne joue pas de rôle.
Le film devait se tourner à Budapest, et l'action se situer en France,
mais pour des raisons de budget et de design, la production a dû y
renoncer.
Darren Aronofsky a offert à Mila Kunis le rôle de Lily par Skype (le téléphone par internet) sans même la rencontrer.
L'actrice Meryl Streep avait été pressentie pour jouer Erica, la mère de Nina. Des rumeurs ont également évoqué Rachel Weisz et Jennifer Connelly pour les rôles principaux.
Natalie Portman et Benjamin Millepied se sont rencontrés sur le tournage de Black Swan.
Le chorégraphe français entraînait la jeune actrice pour les besoins
du Lac des Cygnes et le coup de foudre a dû être immédiat puisque peu
après la fin de l'aventure, en 2009, ils se sont fiancés et attendent un
enfant pour la fin 2011.
Ma note : 6/110 mais je pense que j ai pas tout compris , ou très tardivement , acteurs géniaux , film à revoir , je pense
Ma note : 6/110 mais je pense que j ai pas tout compris , ou très tardivement , acteurs géniaux , film à revoir , je pense
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